Stage fédéral à Marseille.

Quinze athlètes de l’équipe de France ont été rassemblés à Marseille pendant cinq jours pour un stage axé autour de tests médicaux et physiques, d’échanges sur la planification des saisons 2019 et 2020, avec également des temps d’entraînement et de détente collective.

A un peu plus de dix mois des championnats du monde de Doha, quinze des meilleurs athlètes de l’Hexagone ont pris part à un rassemblement en forme de revue d’effectif à Marseille, du samedi 10 au mercredi 14 novembre. Accompagnés de leurs entraîneurs personnels, de leurs agents, et des référents de la direction technique nationale, ils ont connu plusieurs temps forts.


Ainsi, mardi matin, l’ensemble de la troupe a pris la direction de la Faculté des sports sur le campus de Luminy. Sur place, les équipes du centre de recherche de l’Université d’Aix-Marseille leur ont fait découvrir deux ateliers. « L’un consistait en un exercice de force-vitesse, qui permet de dissocier jambe gauche et jambe droite pour détecter d’éventuels déficits ou déséquilibres, explique Jean-Michel Serra, médecin des équipes de France. L’autre mesure deux séries de trois sauts, au cours desquels on observe la façon dont ils se coordonnent dans leur geste, pour définir leur profil. Selon les types de gestuelles, on n’a pas la même façon de gérer son corps, et les risques de blessures sont différents. Ainsi, on peut en tirer des améliorations dans la programmation de l’entraînement. Il s’agit avant tout de faire de la prévention et de l’accompagnement plutôt que de mesurer des performances. » Cela n’a pas empêché les sportifs, joueurs, de se chambrer cordialement en comparant leurs résultats.

Les sprinters et hurdlers, à l’image de Christophe Lemaitre, Pascal Martinot-Lagarde et Aurel Manga, ont pu y faire admirer leurs qualités d’énergie élastique. « J’avais déjà fait des tests semblable du côté de Saint-Etienne il y a quelques années, se souvient l’Aixois. C’est toujours intéressant de voir où on en est, et d’identifier sur quoi on peut progresser. Et puis, pour moi qui n’étais pas aux championnats d’Europe de Berlin, c’est l’occasion de retrouver les copains de l’équipe de France. » Un peu inquiète avant de s’élancer dans sa série de sauts, Alexandra Taverniera pu montrer à son acolyte Quentin Bigot qu’elle avait tout ce qu’il fallait pour briller dans l’exercice de poussée. De son côté, Yohann Diniz a constaté, sans se départir de son sourire, qu’il avait « beaucoup perdu en détente. Quand j’étais jeune, j’arrivais à dunker sur un panier de basket ! »

Du terrain de pétanque au cabinet médical en passant par Miramas

Chaque matin ou presque, les quinze athlètes présents se sont pliés à des tests : de posture, de podologie, à visée neurologique et électrocardiogrammes. « Il s’agit d’avoir une vision globale de tous les facteurs de la performance », résume Jean-Michel Serra. « Cet aspect est le premier élément majeur de ce stage, appuie Patrice Gergès, le directeur technique national. Il vise à donner des retours aux entraîneurs, de façon à ce qu’ils puissent démarrer leur saison avec des éléments factuels et précis sur les axes de travail. Le deuxième élément, c’est le partage autour de l’organisation fédérale et les modalités de sélection pour les années à venir, avec les athlètes, leurs entraîneurs, leurs agents. Nous sommes à l’écoute de leur ressenti pour progresser ensemble dans ce domaine. Il y a des ambitions fortes et une exigence élevée chez les athlètes, et cela nous conforte dans nos positions. »

Des temps d’entraînement figuraient également au programme de ces cinq jours de rassemblement. Les conditions clémentes de la Provence ont plu aux sportifs, qui ont également pu s’adonner à la pétanque, la grande passion locale, lors d’un des moments de détente collective. « C’est un moment de convivialité important dans ce type de stage, souligne André Giraud, président de la Fédération Française d’Athlétisme. C’est aussi une manière pour nous de montrer que nous soutenons le projet de la pétanque, d’être intégré au programme des Jeux de 2024. Les cadres techniques ont choisi d’organiser ce rassemblement en Provence et j’ai été ravi d’y accueillir les athlètes. Nos techniciens ont su prendre en compte le fait que Marseille avait tous les atouts pour accueillir ce stage dans des conditions optimales, avec des installations de qualité, notamment un cabinet médical spécialisé dans le sport, ouvert par Jacques Pruvost, ancien médecin fédéral. Les athlètes ont également eu l’occasion de découvrir la toute nouvelle salle de Miramas. » Nombre d’entre eux devraient y revenir pour les championnats de France Elite en salle au mois de février. Avec, cette fois, une vraie logique de compétition.

Etienne Nappey pour athle.fr

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