La Haut-Savoyarde Alexandra Tavernier, en délicatesse avec une vertèbre dorsale, a fait tomber dimanche son record de France (75m38) qui datait de septembre  2020 (75m23) dès son premier concours de l’année. Elle revient sur cette performance aussi inattendue que prometteuse en vue des JO de Tokyo dans cinq mois.

Alexandra Tavernier a franchi la marque des 75 mètres pour la troisième fois de sa carrière. Photo MAXPPP/Matthieu TOURAULT

Vous étiez touchée à une vertèbre, vous êtes moins performante l’hiver que l’été… et vous battez votre record de France. Vous y attendiez-vous ?

« Il n’y a que mon coach (Gilles Dupray) qui y croyait. Avant chaque compétition, on inscrit sur un bout de papier la performance qu’on pense réaliser et il avait inscrit « RF » (record de France) pour moi et, à 20 centimètres près, il avait vu juste aussi pour mon frère (Hugo qui a battu son record personnel, 72m45). C’est un truc de dingue.

Pour ma part, je me disais que ça allait être soit vraiment bien, soit très compliqué. Comme on a peu de compétitions en ce moment, je me suis dit qu’il fallait y aller pour se faire plaisir. Au premier jet d’échauffement, j’étais à plus de 70 m et au second à plus de 74 m. On avait quoi qu’il arrive six jets donc il n’y avait pas de pression. Rose (Loga, 3e) était présente et elle avance vite. Je sais qu’elle peut aller très loin, c’est une fille fantastique et on a une saine rivalité. C’est la meilleure chose qu’il peut arriver pour nous pousser à aller encore plus loin. »

« Une médaille aux JO me paraît de moins en moins utopique »

Vu le contexte, faire tomber le record paraît incroyable

« Oui, ça paraît fou ! Je ne saurais pas dire ni pourquoi, ni comment c’est tombé ce jour-là. Ça prouve quand même que le boulot a été fait et que, malgré la blessure, j’ai fait un très bon stage à Tenerife (Espagne). Finalement, mon dos ne m’a pas trop gêné même si je sais que j’aurais pu faire mieux. L’an passé, j’étais à 71,80 m l’hiver et j’ai fait 75,23m l’été. Je ne dis pas que je ferai 78 mètres cet été mais, sans prétention, j’ai encore de la marge pour quand tout va se mettre bien en place. Une médaille aux JO me paraît de moins en moins utopique. En tout cas, ça fait un bien fou au moral. »

Avez-vous demandé à votre entraîneur pourquoi il avait pronostiqué ce record de France ?

« Il m’a juste dit ‘’encore des questions’’ (rires). Donc je dois arrêter de m’en poser. Mais je suis très surprise de cette performance. Pour moi, à cette période et encore plus vu le contexte, je pensais que ce n’était pas possible. Ça m’a boosté à fond. »

Comment a réagi le dos ?

« Le kiné a dû me le remettre en place, je ne pouvais plus bouger après, j’ai bien tiré dessus. Mais je suis une femme de compétition. Quand je suis dans l’épreuve, je n’y pense plus, plus rien n’existe. Mon frère Hugo est comme ça aussi. C’est une bonne chose qu’il ait battu aussi son record. Il est mon sparring-partner et quand on fait des résultats à deux, c’est encore mieux.

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