Athlétisme et confinement. Dans la famille Tavernier, le marteau cogne toujours aussi fort…

Retirée provisoirement chez ses parents près d’Annecy, Alexandra Tavernier met à profit le confinement pour continuer à se préparer malgré un horizon plus que flou. La Bretonne d’adoption, qualifiée pour les Jeux de Tokyo 2021, révise les bases de son lancer du marteau. Pas évident avec un tel engin, mais dans sa famille le système D est une valeur sûre.

Chez les Tavernier, confinement rime avec entraînement et aménagement.

Chez les Tavernier, confinement rime avec entraînement et aménagement.

Les parents, Christophe et Nathalie, ont lancé naguère, Alexandra et son frère cadet Hugo, champion de France junior, lancent. Le papa est resté entraîneur dans l’âme, ce qui permet à ses deux enfants de dérouler un confinement « presque normal », assure Alexandra.

 

Avoir un papa ébéniste, donc bricoleur, ça peut servir. « En fait, sourit la médaillée de bronze mondiale 2015 j’arrive à m’entraîner. Papa avait déjà aménagé une salle de muscu, avec un tapis roulant, un home-trainer, des espaliers, des barres… Pour l’extérieur, on s’est adaptés. »

Un champ de l’autre côté de la route a fait l’affaire.

« On a bricolé une plaque sur le trottoir et on lance dans la parcelle en herbe de l’autre côté. À l’autre bout, il y a des employés d’une entreprise qui nous regardent parfois.

Les gendarmes sont aussi venus faire un tour pour voir ce qu’on fabriquait. » S’ils ne verront pas tomber un record de France, « on parvient à réaliser des perfs correctes, dit-elle surtout sans cage ni aire de lancer, ce qui exige une réadaptation technique… »

Gilles Dupray, son coach breton, peut en juger sur les vidéos que lui transmet sa protégée à raison de deux séances quotidiennes.

Alexandra Tavernier ne voit pas le temps passer : « Je peux vous dire que le jardin n’a jamais été aussi propre ! On se lance aussi de grands défis à la belote. »

 

Pas de championnat de France à Angers

Pour autant, l’adrénaline commence à se faire désirer. La sociétaire d’Annecy Haute Savoie Athlétisme 26 ans, n’a plus lancé depuis sa sixième place frustrante aux Mondiaux du Qatar, fin septembre. « Moi qui adore les compètes, c’est dur. En plus, pour la première fois de ma carrière, j’avais choisi de zapper la saison hivernale. » Il lui reste le semblant d’espoir de l’Euro parisien, fin août. « Je n’y crois pas, ce serait une erreur de le maintenir. Je préfère me dire que je participerai à deux étapes du Golden Tour en septembre (le 6 et le 10). »

En attendant, elle s’adonne à « de l’entretien », à sa façon, sans songer aux JO 2021 pour lesquels elle est qualifiée, car « cette échéance me semble tellement loin… »Sa maison en pierre de Pluzunet aussi. « Oui, elle me manque, les amis que je me suis faits là-bas aussi. »

À l’entrée de Ploumilliau, sa cage l’attend également.

 

Article Dauphiné Libéré

 

Les commentaires sont fermés.