Championnats d’Europe par équipes : Les Bleus, un mélange qui leur va si bien !

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Après un long voyage entre Paris et Cheboksary, marqué par une escale interminable à Francfort (Allemagne), l’équipe de France est arrivée en Russie jeudi soir, un peu avant minuit heure locale (c’est-à-dire un peu avant 23h dans l’Hexagone). Depuis, les athlètes tricolores n’ont qu’un objectif : se reposer pour arriver frais le jour J. Même si le lever du jour vers 3h du matin en a surpris plus d’un, tous les voyants sont au vert. Le stade d’échauffement et l’enceinte de la compétition sont situés à moins de dix minutes à pied, et les conditions devraient être idéales pour l’athlétisme (excepté pour le demi-fond), samedi et dimanche, avec une température de plus de trente degrés et du soleil annoncés. Présentation d’un collectif tricolore où toutes les générations se côtoient avec bonheur.

« A l’arrivée à l’aéroport, on voit des petites têtes de juniors et on est heureux. » Ghani Yalouz, le directeur technique national, résume le sentiment général lorsqu’approchent les championnats d’Europe par équipes. Une compétition dont le charme réside en partie dans le savant mélange de têtes d’affiche, de nouveaux visages, voire même, parfois, de revenants, tous réunis sous le maillot de l’équipe de France. La composition du collectif bleu, pour cette édition 2015, est peut-être, à cet égard, encore plus frappante que d’habitude. Avec, d’un côté, les tauliers, ceux qui sont là pour décrocher les douze points de la victoire : Renaud Lavillenie à la perche, Mélina Robert-Michon au disque, Alexandra Tavernier au marteau, Pascal Martinot-Lagarde et Cindy Billaud sur les haies, Pierre-Ambroise Bosse et la valeur montante Rénelle Lamote sur 800 m, Floria Gueï et Mame-Ibra Anne sur 400 m, Christophe Lemaitre sur 100 m et 200 m, Yoann Kowal sur 3000 m steeple, Kafetien Gomis à la longueur ou encore le 4×100 m masculin et le 4×400 m féminin.

A leurs côtés, parfois intimidés au début mais rapidement intégrés, les jeunes pousses tricolores, qui débarquent sans complexes des catégories jeunes pour faire leurs premiers pas chez les grands. Il faut, si besoin, jeter un coup d’œil au trombinoscope des Bleus pour reconnaître les sprinteuses Maroussia Paré, Brigitte Ntiamoah et Orphée Néola, la recordwoman de France espoirs du 3000 m steeple Emma Oudiou ou le triple sauteur Jean-Marc Pontvianne. Les traits d’Aurélie Chaboudez sont plus connus mais la Franc-Comtoise honore sa première sélection chez les seniors sur 400 m haies. Les demi-fondeurs Samir Dahmani et Morhad Amdouni, absents de l’équipe de France depuis plusieurs saisons à cause de corps en souffrance, sont aussi là. Tout comme la spécialiste des épreuves combinées Diane Barras, dont la dernière sélection en équipe de France remontait à… 2007.

De l’excitation et un peu d’appréhension
La sauteuse en longueur et petite sœur d’un certain Romain aborde, justement, un grand sourire en se rendant à pied au stade d’échauffement ce vendredi matin. « C’est un grand bonheur de retrouver l’équipe de France, souffle-t-elle. C’est un peu comme une renaissance et ça me donne plein d’optimisme pour encore un ou deux ans. Avant, j’étais la cadette. Maintenant, je suis une des doyennes. Ça fait bizarre, je connais plus de coaches que d’athlètes ! » Emma Oudiou, elle, est « très excitée par cette première sélection chez les seniors. » Et contente de découvrir le collectif senior accompagnée de sa camarade d’entraînement Rénelle Lamote : « Les gens sont ouverts et accueillants. Mais j’appréhende un peu le bizutage. » Un bizutage qui devrait plutôt s’apparenter à un rite d’initiation bon enfant, dans le même esprit qu’à Brunswick (Allemagne) l’an dernier, où les primo-sélectionnés avaient dû arriver au banquet d’honneur par paire, attachés les uns aux autres à l’aide d’un foulard au niveau des chevilles. Sur la piste, la steepleuse aura une idée fixe : « grappiller le maximum de points et descendre (s)on chrono pour réussir (s)on entrée en équipe de France seniors ». Un objectif partagé par Maroussia Paré, la plus jeune athlète tricolore, – « dix-neuf ans dans un mois » tient-elle à préciser – qui compte bien « commencer à travailler avec les filles du relais en faisant (s)on entrée dans le grand bain ».

Lavillenie, six ans après
A l’opposée, Renaud Lavillenie part à l’assaut d’une cinquième victoire en six participations aux championnats d’Europe par équipes. Le Clermontois aime se raccrocher à des symboles pour aller haut. Il en a trouvé un beau pour ce week-end : « Dimanche, cela fera six ans pile que j’ai battu mon premier record de France en passant pour la première fois la barrière des six mètres », se rappelle-t-il. C’était à Leiria (Portugal), le 21 juin 2009, et, quelques mois après son titre continental en salle à Turin, le futur recordman du monde avait marqué les esprits. « J’ai envie de marquer le coup ici, confie-t-il avec un air gourmand. J’aimerais refaire plus de six mètres. » Loin du quasi grand chelem du perchiste, Pierre-Ambroise Bosse court, lui, après sa première victoire et même son premier podium dans le cadre du grand rendez-vous collectif de l’année. « J’ai toujours fait quatrième en arrivant en plus avec la première place aux bilans, ce qui est encore pire, raconte-t-il. Je vais essayer d’être imprévisible. J’ai l’impression que les Polonais arrivent à se transcender avec le maillot de leur équipe nationale. Alors pourquoi pas moi ? J’y pense depuis des mois à cette compétition. Elle plus importante que de gagner des meetings de la Diamond League. »

Au cours de ce que Bernard Amsalem, le président de la FFA, appelle les « Interclubs à l’échelle de l’Europe », chaque point obtenu par les Bleus sera précieux. « Ce petit mélange des générations et des profils, c’est ce qui peut permettre à chacun de se dépasser, surtout lors d’une compétition où les athlètes ont cette adhésion très forte à l’équipe de France », conclut Ghani Yalouz.

A Cheboksary, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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