De lannion à Rio !

Pour préparer les J.O et se rapprocher de son nouvel entraîneur Gilles Dupray, Alexandra Tavernier, 21 ans et nouvelle pépite de l’athlétisme français, vient de s’installer à Lannion. Une nouvelle vie pour la pétillante lanceuse qui n’a qu’un seul rêve : briller à Rio.

Les montagnes de sa Haute-Savoie natale se perdent aujourd’hui dans le lointain. Tout comme les bruits infernaux du métro parisien, qu’elle empruntait encore il y a un mois, pour se rendre à l’Insep. Aujourd’hui, Alexandra Tavernier s’est ouvert une nouvelle vie. Un agréable décor. Et un chez-soi orné de pierres et coiffé d’ardoises, à un jet de marteau de Park Nevez, complexe sportif où elle s’entraînera désormais au quotidien avec le Costarmoricain Gilles Dupray. Une nouvelle aventure que le binôme aimerait teinter aux couleurs du Brésil, dans six mois…

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Du matin au soir
En attendant, Alexandra surfe encore sur sa récente performance, coulée dans le bronze des Mondiaux de Pékin, l’été dernier (74,02 m). Un exploit frappé avec un marteau et empreint de promesses qui n’a pourtant pas transformé l’athlète. « À part avoir un collier un peu plus lourd autour du cou, cette médaille ne m’a pas vraiment changée », sourit la désormais Lannionnaise, qui ne pense qu’à cet été brésilien, pour lequel elle est déjà quasiment qualifiée. « J’y pense tous les matins en me levant et tous les soirs en me couchant », confie ainsi celle qui s’est même déjà tatouée cinq anneaux entrelacés. « Lorsque j’ai un coup de moins bien ou que je m’égare, ça me rappelle à l’ordre ». Désormais, l’ordre s’appelle également Gilles Dupray, son nouvel entraîneur, basé à Plufur (22), « la ville la plus sportive de France de moins de 350 habitants », plaisante l’intéressé. Sourire et regard ambitieux, le spécialiste du lancer de marteau sait que sa protégée peut aller loin. Très loin, même. « Avec elle, c’est no limit », ose d’ailleurs le Breton. « Il y a une grande légitimité par rapport à ce qu’il s’est passé l’été dernier. Il n’y a pas de recette miracle pour pouvoir monter sur un podium mais notre souhait est de s’entraîner de façon optimale avant Rio, d’où l’arrivée d’Alexandra ici ».

De cet hiver à cet été
Optimale mais pour l’instant pas ensoleillée. Car depuis une semaine, la lanceuse n’a pas vraiment vu les rayons briller sur sa chevelure blonde. « Pour l’instant, j’ai eu 90 % de mes entraînements sous la pluie et la grêle », râle rieusement l’intéressée. « Mais je sais que c’est une très belle région. Je me suis même déjà rendue à l’office du tourisme pour récupérer des cartes de balades ». En attendant, Alexandra s’échine sur l’impeccable complexe lannionnais. « L’aire de lancer est suffisamment grande et il y a tout ce qu’il faut pour travailler » précise son manager. Et pour bosser des « petits points technique qui déclencheront quelque chose. Il faut être un métronome pour faire des jets plus réguliers », explique la championne du monde juniors 2012 (70,62 m) qui, de sa fenêtre, entraperçoit aussi les prochains locaux de son quotidien. « J’ai toujours fait des études et je me suis inscrite à l’école d’infirmière de Lannion, tout près de chez moi », savoure la championne d’Europe espoirs 2015 (72,50 m) et salariée à la Ligue professionnelle d’athlétisme. « Un salaire qui n’est pas mirobolant mais qui permet de s’entraîner sereinement », précise Dupray. Travailler sereinement pour chavirer de bonheur. Pleinement. « C’est une compétition d’un jour et il y a beaucoup de concurrents. Mais je ne laisserai personne monter à ma place sur le podium » prévient d’ores et déjà la Française. Aux JO, tout se jouera au-delà des 75 m. Ce sera le 15 août prochain. « À 10 h 50 locale », sait déjà Alexandra. À Lannion, il sera trois heures de moins. Devant la télé, sûr que le tout Lannion sera derrière elle pour la supporter.

 

article : le télégramme

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