Le calme avant la tempête .

Les Bleus sont au Brésil, mais pas encore aux Jeux olympiques. Les tout derniers athlètes encore dans l’Hexagone arriveront ce lundi soir à Sao Paulo, où se déroule depuis mardi dernier le stage préparatoire de l’équipe de France. A distance de la frénésie du village olympique de Rio, ils finissent leur affûtage dans une atmosphère sereine et décontractée. Incursion au cœur du cocon tricolore.

Seulement 352 kilomètres, soit une heure d’avion, séparent Sao Paulo de Rio. Une broutille à l’échelle brésilienne. Mais entre la mégalopole opulente aux onze millions d’habitants et aux multiples gratte-ciels, et la bouillonnante cité merveilleuse qui accueille depuis vendredi les Jeux olympiques, il y a un monde d’écart. Les athlètes de l’équipe de France peuvent s’en rendre compte depuis près d’une semaine.
A partir de demain pour les premiers d’entre eux, ils plongeront dans la ferveur des J.O. à Rio. Mais, pour l’heure, ils vivent et s’entraînent en toute quiétude dans un quartier huppé de Sao Paulo, loin de toute agitation. « Avec mon équipe, on a tout fait pour que les athlètes se sentent bien et restent zen, dans ce bien vivre ensemble que je revendique et qu’ils dégagent depuis une semaine ici, explique Ghani Yalouz, le directeur technique national. Ce sont les médailles qui permettront de savoir si on a choisi la bonne option. En tout cas, ils sont contents et épanouis. »
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Autographes et selfies
En bord de piste, Paula, étudiante à l’Alliance française, et son ami Victor ont les yeux qui brillent. Particulièrement impressionnés par les lancers d’Alexandra Tavernier, ces deux joggers amateurs d’une vingtaine d’années sont heureux de participer à leur manière à la fête : « Comme on ne sera pas à Rio, c’est notre seule opportunité de voir un peu les Jeux ! » A quelques mètres, des collégiennes françaises, filles d’expatriés, ne ratent pas non plus une miette du spectacle. Evaëlle, une Bretonne qui tient à nous signaler son titre de championne du Finistère poussines en sprint, est la plus connaisseuse. Elle réussit à citer les noms de deux athlètes tricolores : Christophe Lemaitre et Jimmy Vicaut. L’entraînement se termine par les inévitables autographes et selfies, notamment avec les enfants d’Arca do Saber, une association culturelle et sportive implantée depuis quinze ans dans la favela de Vila Prudente.

Pour Alexandra Tavernier, qui a réalisé « de grosses perfs à l’entraînement » à Sao Paulo et qui retrouve opportunément ses sensations de l’avant Pékin 2015, Rio semble encore loin. « Pour le moment, je ne suis pas du tout dans l’euphorie des Jeux », fait remarquer celle qui entrera pourtant en lice le premier jour des épreuves d’athlétisme, le 12 août. « On me dit : “tu rentres chez toi !”, je rentre chez moi (rires) ! » Même constat pour l’encadrement médical. « On n’est pas encore dedans, estiment Mathieu Louvat et Jean Sapeta, deux des kinés, depuis leur espace de travail situé au premier étage de l’hôtel. Pour le moment, les athlètes ne parlent pas des Jeux. Ce sera le cas quand on arrivera à Rio. »

Comme d’habitude, la salle du médical est le lieu de vie privilégié des Tricolores, en dehors des entraînements. Pour discuter de tout et de rien, et aussi pour jeter un coup d’œil aux Jeux olympiques, en espérant apercevoir quelques Français au milieu des Brésiliens qui trustent l’essentiel des diffusions à la télévision. Plus que quelques jours à patienter pour les Bleus, et ce sera enfin à leur tour de passer de l’autre côté de l’écran.

A Sao Paulo, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

*Jean-Michel Serra (médecin des équipes de France), Philippe Peytral (kinés des équipes de France), Jean Sapeta (kiné coordonnateur) Mathieu Louvat, Gaëtan Baudet, Grégory Wieczorek, Frédéric Fauquenoi, Joël Cocquebert et Isabelle Moellinger (kinés).

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