Pékin 2015: article du site de la FFA

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Exceptionnelle Alexandra Tavernier ! A seulement vingt-et-un ans, la Française décroche la médaille de bronze au lancer du marteau, grâce à un jet à 74,02 m. Son premier podium au niveau international chez les seniors et la deuxième récompense pour l’équipe de France dans ces Mondiaux. Les Bleus ont vécu une superbe soirée à Pékin, avec les qualifications en finale du 110 m haies de Bascou, Martinot-Lagarde et Darien, ainsi que le record personnel de Rénelle Lamote en demi-finales du 800 m. Seule déception, la douzième place de Benjamin Compaoré au triple saut.

Tavernier, la jeunesse au pouvoir

« Oh mon dieu, je n’ai jamais reçu autant de messages de ma vie ! » Dans les coursives du stade national de Pékin, Alexandra Tavernier découvre les sms de félicitations qui s’accumulent sur son téléphone portable. La Savoyarde est prise dans un tourbillon. A peine le temps de terminer le concours qu’elle doit répondre aux premières obligations médiatiques, enchaîner avec le podium puis filer en conférence de presse. « Je ne réalise pas, tout s’enchaîne », confie-t-elle. Seule sa médaille de bronze, qu’elle porte autour du cou, est là pour lui rappeler l’exploit qu’elle a réalisé quelques minutes plus tôt. Car oui, à seulement vingt-et-un ans, Alexandra Tavernier vient de prendre la troisième place de la finale mondiale du lancer du marteau.
Une précocité exceptionnelle, qui ne l’a pas empêché de démarrer son concours tambour battant, avec un jet à 74,02 m, dans une réplique quasi exacte des qualifications, où elle avait lancé à 74,39 m. Une performance qui la place immédiatement en deuxième position, derrière la stratosphérique Polonaise Anita Wlodarczyk (vainqueur avec   80,85 m, record des championnats), et qu’elle n’améliorera pas lors des cinq lancers suivants. « J’ai perdu énormément d’énergie avec ce premier essai, raconte-t-elle avec le perfectionnisme qui la caractérise. Le record de France (74,66 m par Manuela Montebrun) me tenait à cœur et il ne me manquait vraiment pas grand-chose au troisième essai, qui aurait pu aller très loin. » Heureusement pour la lanceuse entraînée par Walter Ciofani à l’Insep, seule la Chinoise Wenxiu Zhang réussit à la dépasser, grâce à une deuxième tentative à 75,92 m (76,33 m au final). Au sixième essai, l’atmosphère devient étouffante dans la moiteur du Nid d’Oiseau. La Britannique Sophie Hitchon (73,86 m) et la Chinoise Zheng Wang (73,83 m) viennent échouer à moins de vingt centimètres de la Française. « J’ai chopé une crampe aux fessiers tellement j’ai bien serré les fesses », rigole Alexandra, qui peut enfin assister, l’esprit libéré, au dernier essai de Wlodarczyk, un drapeau bleu, blanc, rouge sur les épaules.

Fraicheur et maturité

Dix ans après les deux médailles de bronze de Manuela Montebrun (en 2003 à Paris et en 2005 à Helsinki), celle qui avait sur la porte de sa chambre un poster de la Lavalloise monte, à son tour, sur la troisième marche d’un podium mondial. Gilles Dupray, le manager des lancers à la direction technique national, est comme sonné, impressionné par la performance de la championne d’Europe espoirs. « Elle a fait du Tavernier, constate-t-il. Avec son premier essai, le job était fait. Elle est pleine d’insouciance et d’euphorie. A un moment donné, elle se rend compte que la médaille va arriver. C’est dur à gérer au niveau des émotions. C’est un podium qui va en appeler d’autres, c’est obligé. Chapeau aussi à Walter Ciofani ! »
Tavernier, c’est un mélange détonnant de fraîcheur et de maturité. La jeune lanceuse est déjà prête à assumer son statut de chef de file de sa discipline : « J’apprends, je suis jeune, j’arrive à faire une troisième place. Je vais être dans les leaders pour Rio. J’espère que ça va donner des idées aux petits jeunes qui arrivent. Je veux que le marteau français évolue et soit un peu plus mis en avant. » L’avenir de la Savoyarde s’annonce radieux. Mais la suite immédiate, c’est de fêter son podium avec ses parents et son frère, venus à Pékin, puis au club France. A vingt-et-un ans, celle qui « vit à fond chaque instant » est en train de s’offrir des souvenirs pour la vie.

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