C ‘est difficile de trouver des réponses !

Prétendante au podium lors du Mondial d’athlétisme à Doha, Alexandra Tavernier a terminé à la 6e place du concours du lancer du marteau.

Une déception pour l’Annécienne qui compte bien rebondir aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

 

 Déçue par sa performance à Doha, Alexandra Tavernier compte bien trouver des réponses à ce résultat avec son entraîneur Gilles Dupré, à dix mois des Jeux Olympiques de Tokyo Photo Instagram Alexandra Tavernier

 

Déçue !

Alexandra Tavernier a terminé au sixième rang de la finale du marteau avec un jet à 73,33 m. Elle apporte à l’équipe de France sa première place de finaliste. Valentin Lavillenie et Pierre-Ambroise Bosse ont, eux, respectivement validé leur billet pour la finale de la perche et les demi-finales du 800 m. Les autres Tricolores en lice ont connu une journée compliquée.

« Je vais essayer de ne pas contaminer les autres avec ma déception, pour que le reste de l’équipe de France reparte du bon pied dès demain. » Au moment de conclure la session de samedi soir au Khalifa Stadium de Doha, Alexandra Tavernier a tenté de positiver. Sixième de la finale du marteau, la Savoyarde a lancé son engin à 73,33 m. « Une performance pas dégueu dans l’absolu, mais moi, je voulais être championne du monde », soupirait-elle.

Regrettant de ne pas avoir été suffisamment actrice de son concours, la médaillée de bronze de Pékin a été assommée, comme beaucoup d’autres, par la performance de la Polonaise Joanna Fiodorow à son premier essai (76,35 m), et n’a pas réussi à trouver la bonne formule pour se rapprocher du podium, qui s’est joué à hauteur de son record de France (74,76 m par la Chinoise Wang, la victoire revenant à l’Américaine DeAnna Price avec 77,54 m).

 

Article FFA

 

 

Sereines

Les têtes d’affiche féminines de l’équipe de France ont tenu leur rang lors de cette première journée des Mondiaux, dans la moiteur qatarie.

Alexandra Tavernier au marteau et Ninon Guillon-Romarin à la perche ont décroché leur billet pour la finale avec la manière. Côté courses, contrat rempli pour Rénelle Lamote (800 m), Jimmy Vicaut (100 m) et Ludvy Vaillant (400 m haies), qualifiés pour les demies.

Elle n’a même pas pris le temps de regarder le résultat qui s’affichait sur le panneau électronique. En voyant son marteau retomber au-delà des 72 m requis pour passer directement en finale

 Alexandra Tavernier est sortie tranquillement du plateau, a enlevé son gant puis pris le chemin des coursives du stade pour se projeter immédiatement vers le concours qui l’attend demain. Avec un jet à 72,91 m dès sa première tentative, la Savoyarde d’Annecy Haute Savoie Athlétisme n’a pas traîné sur le stade ce vendredi et continue son sans-faute en qualifications des grands championnats, en obtenant son ticket pour sa sixième finale consécutive. Une bonne chose de faite, alors que deux clientes sont passées à la trappe : la Polonaise Malwina Kopron et surtout l’Américaine Brooke Andersen, deuxième des bilans mondiaux avec 76,75 m.

Article FFA

 

 

les lanceurs qualifiés à Doha.

A trois jours du début des Mondiaux (27 septembre au 6 octobre), présentation, épreuve par épreuve, des quatre lanceurs .

LANCER DU DISQUE : GARDER LES BONNES HABITUDES

Ses adversaires sont prévenues, mais Mélina Robert-Michon compte bien leur refaire le même coup que d’habitude. Pour l’instant, le plan se déroule à la perfection : une saison plutôt timide en meetings, une première éclaircie sous le maillot de l’équipe de France (2e lors des championnats d’Europe par équipes), et une performance de pointe devant son public (62,62 m lors du meeting de Paris). La suite logique et espérée : des qualifications rondement menées à Doha, puis un premier essai impressionnant en finale pour assommer une bonne partie de la concurrence. La lanceuse de disque du Lyon Athlétisme, 40 ans depuis le 18 juillet, vise un troisième podium mondial, après l’argent en 2013 et le bronze en 2017. Vingt-trois athlètes ont lancé plus loin qu’elle cet été. Tant mieux, elle risque d’en surprendre encore quelques-unes.

 

 

LANCER DU MARTEAU : POURSUIVRE SUR LEUR LANCÉE

Alexandra Tavernier réalise pour l’instant la meilleure saison de sa carrière. A 25 ans, la lanceuse de marteau d’Annecy Haute Savoie Athlétisme n’a jamais été aussi régulière, avec onze concours à plus de 70 m et sept à plus de 72,50 m. Dont un jet à 74,84 m lors du meeting de Chorzow le 16 juin, synonyme de record de France. Vainqueur lors des championnats d’Europe par équipes à Bydgoszcz, l’élève de Gilles Dupray est une candidate au podium en puissance. La Polonaise Anita Wlodarczyk, patronne incontestée de la discipline, est absente pour blessure. Et les Américaines, qui possèdent les trois meilleures performances d’engagement, ne sont pas des assurances tous risques. En clair, il y a un vrai coup à jouer pour la Tricolore, huitième sur la liste des engagées.

 

Quentin Bigot a rejoint pendant neuf jours Alexandra Tavernier à Ploumilliau (Côtes-d’Armor) pour un stage terminal, lors duquel il a pu partager les séances de la vice-championne d’Europe du marteau. Il y a deux ans, le lanceur d’Athlétisme Metz Métropole avait impressionné lors des Mondiaux de Londres, en terminant à la quatrième place. Comme en 2017 et 2018, la densité de la discipline permet à une bonne quinzaine d’athlètes de pouvoir prétendre à la boîte. Le Français, avec cinq concours à plus de 77 m cet été et une performance de pointe à 78,14 m qui lui offre la dixième place sur la liste des engagés, en fait bien sûr partie.

 

 

LANCER DU JAVELOT : ÊTRE ENCORE UNE PIONNIÈRE

L’an dernier à Berlin, Alexie Alaïs était devenue la première lanceuse de javelot tricolore à être finaliste aux championnats d’Europe, en prenant une superbe sixième place. La Guyanaise du Rou Kou a l’occasion d’écrire à Doha une nouvelle page de l’histoire hexagonale de la discipline. Elle a encore franchi un palier cet été, à la faveur d’une belle victoire lors des championnats d’Europe par équipes grâce à un jet à 63,46 m. Le record de France de Mathilde Andraud n’est plus qu’à huit centimètres. Mais l’élève de Magali Brisseault-Waldet et David Brisseault vise bien plus loin. Dix-huitième sur la liste des engagées, elle pourra s’appuyer sur son mental de guerrière pour créer la surprise.

article FFA

Hammer Throw challenge

Alexandra Tavernier et Quentin Bigot se sont hissés sur le podium du marteau au meeting World Challenge de Szombathely, mardi.

 

Chez les hommes, Quentin Bigot a pris la 3e place avec 76,83m. Il a été devancé par le Hongrois Bence Halasz (78,54m) et le champion d’Europe polonais Wojciech Nowicki (77,51m). Le Lorrain, qui restait sur une deuxième place aux Championnats d’Europe par équipes, le 10 août, réussit ainsi son premier podium de la saison sur le circuit Challenge.

Article Equipe/FFA

 

Athlète du mois de juin

Alexandra Tavernier a été élue athlète du mois de juin avec 27 % des suffrages. Troisième du meeting de Chorzow (Pologne) le 16 juin, elle avait propulsé ce jour-là son marteau à 74,84 m, une performance synonyme de record personnel et donc de record de France amélioré de six centimètres. Très régulière depuis le début de la saison estivale, la vice-championne d’Europe pourrait bien lancer encore plus loin au cours des prochaines semaines.


La sociétaire d’Annecy Haute Savoie Athlétisme devance Blandine Lhirondel (Bordeaux Athlé), championne du monde de trail à Mirando do Corvo (Portugal) et révélation de la saison, qui recueille 17 % des voix.

La troisième place s’est jouée entre Djilali Bedrani (SA Toulouse UC) et Valentin Lavillenie (Clermont Athlétisme Auvergne), avec une petite voix d’écart en faveur du premier nommé.

Le désormais quatrième meilleur performeur français sur 3000 m steeple (8’09’’47 à Monaco le 12 juillet) était nominé suite à ses 8’18’’44 le 16 juin à Rabat, alors que le plieur de gaule avait porté son record à 5,81 m lors du meeting de Pierre-Bénite (il a depuis amélioré encore sa performance d’un centimètre à Monaco).

On retrouve ensuite Yanis esmeralda David (Monster Club Athlé), championne NCAA de la longueur avec 6,84 m et deuxième du triple saut, Basile Rolnin (Lille Métropole Athlétisme) qui a porté son record personnel au décathlon à 8205 points,

Wilhem Belocian (Stade Lamentin) vainqueur lors du meeting de Nancy en 13’’28, Solène Ndama(Bordeaux Athlé) en pleine progression à l’heptathlon avec 6290 points lors du Décastar, et enfin Julien Rancon (EA Grenoble 38), vice-champion du monde de trail.

 

Article FFA

Nouveau record de FRANCE

Avec un jet à 74,84 m, la lanceuse de marteau annecienne a battu de six centimètres son record de France du marteau à Chorzow (Pologne). 

Son début de saison l’avait laissé présager, avec déjà deux concours au-delà des 74 mètres le 19 mai à Montbéliard (74 m) et le 7 juin à Angoulême (74,20 m). Alexandra Tavernier avait largement dans les jambes et les bras son record de France, établi l’an dernier à Berlin avec 74,78 m pour aller chercher la médaille d’argent européenne. Elle n’aura eu besoin que de quelques jours supplémentaires pour faire tomber sa meilleure marque nationale (sous réserve d’homologation), grâce à un jet à 74,84 m ce dimanche lors du très relevé Memorial Janusza Kusocinskiego à Chorzow, sur les terres polonaises de la recordwoman du monde Anita Wlodarczyk.

Une performance que la lanceuse d’Annecy Haute Savoie Athlétisme a réalisée au troisième essai et qui lui a permis de prendre la troisième place du concours, derrière la belle surprise américaine Gwen Berry (75,79 m) et Wlodarczyk (75,12 m). A noter qu’elle a réalisé quatre lancers au-delà des 72 mètres pendant la compétition, qui s’est déroulée après un gros orage ayant rendu le plateau glissant, alors que le thermomètre dépassait les 30 degrés hier.

La barrière symbolique des 75 mètres, qu’elle a dépassée lors de sa sixième tentative mordue de peu, tend désormais les bras à la Française. Au vu de sa régularité, l’athlète entraînée par Gilles Dupray a passé un nouveau cap cette saison et ne s’arrêtera pas là. Prochain rendez-vous pour faire parler l’an poudre : le meeting d’Ostrava jeudi prochain.

 

Article FFA

 

 

Je n’aime pas perdre !

Moins d’un mois après s’être fait souffler le titre des championnats de France hivernaux par sa benjamine de Montreuil, Audrey Ciofani, la vice-championne d’Europe et recordwoman de France du lancer de marteau s’est rattrapé lors de la coupe d’Europe de lancer avec un jet à 71,83 m, synonyme de niveau de performance requis pour les championnats du monde de Doha. Une belle façon de tourner la page sur une saison hivernale compliquée.

Vous avez terminé la saison hivernale avec un jet à 71,83 m lors de la Coupe d’Europe des lancers à Samorin. Vous voilà créditée du niveau de performance requis pour les Mondiaux de Doha…

C’est un réel soulagement car j’étais un peu blessée cet hiver. Je me suis fait une luxation du col cubital du poignet fin janvier et ça a duré un bon mois, dont deux grosses semaines sans pouvoir bouger le poignet. Je n’ai donc pas pu faire beaucoup de musculation. Or, généralement en hiver, on travaille beaucoup sur la préparation physique et on fait beaucoup de volume pour avoir un certain nombre de jets dans les pattes. Ceci afin d’avoir une stabilité technique assez conséquente pour pouvoir faire justement ce genre de jets comme à Samorin. C’est donc un soulagement de constater que même sans musculation et en travaillant totalement différemment, c’est-à-dire sans charge, avec des médecine balls à poignet ou à corde, j’arrive quand même à faire des trucs pas trop mal, même sans un gros volume d’entraînement. On a compté avec mon coach, avant la Coupe d’Europe, je n’avais fait que 28 séances de lancer, ce qui est trois à quatre fois moins que les années précédentes ! Pour les championnats de France hivernaux, je n’avais même que cinq séances de lancer derrière moi. C’est bien la preuve que l’on peut travailler autrement et avoir quand même techniquement une certaine stabilité, sans forcer. Je pense même que je n’ai jamais été aussi forte à cette période de l’année…

Vous avez tout de même perdu votre titre aux France, ce qui n’était plus arrivé depuis quatre ans. Comment l’avez-vous vécu ?

Ça a été l’une des plus grosses déceptions de ma vie ! Sans prétention, je n’ai jamais eu de rivalités sur ces cinq-six dernières années. J’avais perdu une fois, en 2015 mais c’était à cause de soucis personnels. Cette année, c’est différent. Et sur le coup, cela a été très compliqué de constater qu’il y avait désormais quelqu’un qui arrivait à un très bon niveau. Car ce qu’Audrey a fait, 71,52 m, c’est une performance qui permet de rentrer en finale aux Mondiaux ! Je ne m’y attendais pas, et il a fallu que je me bouge pour réussir à repasser devant. En vain, puisque n’ai pas réussi. Malgré tout, je fais quand même ce jour-là ma meilleure performance à un championnat de France hivernal et ma deuxième meilleure perf’ hivernale tous temps. J’ai même mordu de peu un jet autour de 72,50 m. Ce sont donc de très belles performances pour moi à cette époque de l’année. Il fallait juste remettre les choses dans leur contexte, même si ça n’a pas été marrant sur le moment. Vous savez, les sportifs ne sont jamais contents, ils en veulent toujours plus. Et moi, je suis particulièrement difficile envers moi-même, je n’aime pas perdre. Donc forcément, il y a toujours de la déception quand on ne gagne pas.

Avez-vous eu peur, à ce moment-là, de replonger dans une période de doute comme après votre médaille de bronze à Pékin ?

Le mot doute est peut-être un peu fort, mais il y a forcément eu des interrogations. « Est-ce que je vais avoir assez d’entraînement pour arriver dans de bonnes conditions à Samorin ?  Est-ce que cela ne va pas faire comme il y a deux ans, quand j’étais bien au début de l’hiver mais que tout s’est écroulé ensuite ? » Heureusement qu’on se pose des questions, d’ailleurs, cela prouve que rien n’est figé, rien n’est acquis. Mais je suis maintenant capable de prendre du recul par rapport à tout ça, et cela n’a pas duré longtemps. J’en ai rapidement discuté avec mon coach (Gilles Dupray, NDLR). Et puis, le contexte est vraiment très différent aujourd’hui. J’ai une stabilité technique et une force bien supérieure, même mentalement, dans la tête, ça n’a plus rien à voir avec la période post Pékin.

Les championnats du monde de Doha débuteront que le 29 septembre prochain. C’est encore loin…

En fait, avec mon coach Gilles Dupray, on a fait le choix de décaler la reprise des entraînements cette année afin de se retrouver avec 10 mois de préparation avant Doha. Cela ne change donc rien pour nous, car même si j’ai repris à la mi-novembre, je n’ai vraiment réattaqué l’entraînement qu’en janvier. Du coup, je commence seulement maintenant ma plus grosse partie de l’entraînement. Depuis une semaine et demie, on est passés à trois séquences d’entraînement par jour et cela va durer à peu près deux mois, jusqu’à fin avril. Après au niveau des compétitions, il est prévu que je fasse le premier et le deuxième tour d’Interclubs, le meeting de Forbach fin mai, plusieurs meetings World Challenge, les championnats de France à Saint-Etienne, les championnats d’Europe par équipes, et peut être deux ou trois meetings afin de se mettre dans le principe du « ranking » en vue du processus de qualification pour les Jeux. L’objectif, c’est les Jeux olympiques. On est d’ailleurs plus dans une programmation sur dix-sept mois que sur dix mois. On est donc sur du très long terme même si bien évidemment je serai prête à 200 % pour les Mondiaux.

Il y a quatre ans, vous aviez terminé troisième des Mondiaux de Pékin. Quels seront vos objectifs à Doha ?

Comme chaque année, je préfère ne rien dire. C’est un rituel avec mon coach, ça reste vraiment entre nous. La seule chose que je peux vous dire c’est que j’espère faire mieux que les années précédentes, que ce soit en termes de place ou en termes de performance.

Vous avez beaucoup galéré ces derniers mois pour trouver un lieu d’entraînement efficace et pérenne. Finalement, où en êtes-vous désormais ?

Les travaux viennent de finir. Ça a été plus long que prévu car il y a eu quelques soucis avec les permis de construire qui n’avaient pas pu être validés… Sans compter qu’il a aussi fallu trouver des fonds, un sponsor. Mais cette fois, le problème est réglé. J’ai mon aire de lancer à Ploumilliau et je l’utilise depuis mi-mars. C’est très récent. Après, comme on a fait beaucoup de medecine-ball dans le gymnase que l’on a à disposition et que l’on a dû travailler autrement à cause de ma blessure, cela ne nous a pas vraiment gênés dans la préparation pour la Coupe d’Europe des lancers. On est juste descendus pour deux ou trois séances à Landerneau et on a privilégié le qualitatif au quantitatif. Mais vous ne vous rendez pas compte à quel point c’est bon d’avoir enfin cette aire de lancer, de se sentir chez soi. On va pouvoir s’entraîner sereinement sans avoir peur que quelqu’un traverse. En plus, c’est à dix minutes de chez moi, à dix minutes de chez mon coach, on a un gymnase à coté, une petite salle pour ranger tout notre matériel. Ça va être un lieu d’entrainement idéal pour préparer les prochaines échéances. Un plateau à perf !

Propos recueillis par Véronique Bury pour athle.fr