Record de France en tête !

Alexandra Tavernier : « Le record de France en tête »

La jeune lanceuse de marteau, finaliste cet été à Zurich pour sa première grande compétition chez les seniors, a découvert l’Insep en même temps qu’elle a rejoint Walter Ciofani, son nouveau coach, à la rentrée. Un changement qu’elle apprivoise petit à petit et apprécie au quotidien. Impressions.

Alexandra, vous voilà installée à l’Insep depuis un peu plus d’un mois. Comment s’est passé le changement ?
Bien, même si là je suis en stage à Boulouris depuis samedi dernier et jusqu’à mercredi. Je suis avec des cadets et des juniors, dans le cadre du stage Horizon 2020, cela me rappelle des bons souvenirs. En plus, il fait beau et chaud, nous sommes en short et débardeur !

Vous avez donc déjà fui Paris…
Non, non. A la base, ce stage ne m’était pas destiné, mais Walter ne souhaitait pas séparer son groupe de lancer, alors j’ai demandé à être invitée. Sinon, mon nouveau cadre de vie ne me dérange pas. Je suis arrivée le 8 septembre, mais je ne suis pas dépaysée, puisque depuis deux ans, j’avais pris l’habitude de « monter » à Paris plusieurs fois par an. Là, tout est à ma disposition immédiate, avec une salle de musculation, les structures d’entraînement, le médical, même si j’essaie d’éviter d’y aller (rires)… Je peux également continuer mes études sur place, avec mes cours de première année de Staps, sans avoir de problèmes de transports. C’est un double projet qui me tient à cœur, et je suis heureuse de pouvoir le faire ici à l’Insep.

Comment s’est passée la transition entre Annecy et le bois de Vincennes ?
Je m’étais préparée à ne plus être entraînée par mon père, d’un commun accord avec lui. Le principal point de changement, c’est que je m’entraîne désormais en groupe, alors que j’avais jusqu’alors toujours lancé seule. Du coup, les séances me paraissent plus courtes et plus faciles. Je remercie également Walter pour cela. Même en dehors du sport, j’avais déjà des amies ici et cela a facilité mon installation. C’est génial !

La Savoie ne vous manque-t-elle pas ?
Si ! Le fromage de l’Insep n’est pas vraiment celui que l’on trouve chez les fermiers savoyards. J’attends donc impatiemment de rentrer chez mes parents pour m’en faire une bonne tartine !

Cet éloignement vous pousse-t-il à plus de sérieux à l’entraînement ?
Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que j’ai plus d’envie et de motivation. Cela porte déjà ses fruits, puisque j’ai lancé à plus de 70 m à Aix-les-Bains au début du mois d’octobre. C’était ma première compétition depuis que je suis avec Walter, et j’y allais avant tout pour voir où j’en étais, avec mes nouveaux programmes. Je me sentais assez fatiguée, et finalement la perf est très bonne…

Ce changement d’entraîneur implique-t-il des nouveautés techniques ?
Ce ne sera pas flagrant. Ma technique est surtout basée sur la vitesse, et il n’y aura pas de gros changement, hormis sur les moulinets et mon entrée dans le premier tour. J’ai des petits défauts à gommer, des choses imparfaites qui s’installent avec le temps et la répétition, mais que je devrais pouvoir corriger. Je dois être plus patiente lors de mes rotations jusqu’au final, et mieux accélérer dans mon quatrième tour.

Votre statut a-t-il changé depuis votre place de finaliste européenne à Zurich ?
Pas vraiment. En tout cas, je ne le ressens pas, et je n’y vois pas de différence. Si j’avais été une sprinteuse, peut-être, mais je suis toujours lanceuse de marteau !

Quelles sont vos ambitions pour la saison à venir ?
Depuis mon passage en espoirs, j’ai le record de France de la catégorie en tête. Je pensais le battre lors des championnats d’Europe espoirs en 2013, car je lançais à l’entraînement à 75-76 mètres à la veille de la compétition, mais cela s’est mal terminé. J’ai failli le battre à Oyonnax début juillet, mais il m’a manqué quelques millimètres (71,17 m contre 71,18 m à Manuela Montebrun en 2000). Si je veux battre le record de France Elite, cela passera d’abord par celui des espoirs. Même si cela m’énerve un peu de ne pas l’avoir encore réalisé, Walter m’a appris que chercher une performance à tout prix n’est pas forcément productif. Aujourd’hui, la priorité est à l’entraînement, et si je m’y applique, il n’y a pas de raisons que le record ne tombe pas.

Propos recueillis par Etienne Nappey pour athle.fr

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